L'homme derrière le nom
Ziryab, le merle de Cordoue
Qui était le musicien Ziryab au IXe siècle, ce que la tradition dit qu'il apporta à Cordoue, et pourquoi un café flamenco de Madrid porte son nom.
Réservez votre heure de flamenco ↗Réponse rapide
Ziryab était un musicien né vers 789 ou 790, très probablement à Bagdad, qui devint musicien de cour de l'émir Abd al-Rahman II à Cordoue et y mourut vers 857. Son nom signifie merle. La tradition lui attribue l'ajout d'une cinquième paire de cordes au oud ainsi que l'une des premières écoles de musique de Cordoue. Le Café Ziryab à Madrid tire son nom de lui.
Un musicien de Bagdad
Selon Wikipédia, Ziryab serait né vers 789 ou 790, très probablement à Bagdad, bien que l’année varie selon les sources. Il y fut formé par un musicien de cour, Ibrahim al-Mawsili. Son nom, mot persan et kurde désignant le merle, fut expliqué par le chroniqueur Ibn Hayyan comme un clin d’œil à son teint sombre, à sa voix claire et à son caractère agréable. Le surnom survécut à son nom de naissance, Abu al-Hasan Ali ibn Nafi.
Une origine que personne ne peut cerner
L’origine de la famille de Ziryab demeure incertaine. Wikipédia indique que les sources suggèrent une ascendance perse, kurde, sindie, africaine ou arabo-africaine mixte, et elle considère la question comme ouverte. Ce qui ne fait aucun doute, c’est le cadre : une cour de Bagdad qui prisait les chanteurs et les joueurs de luth, qu’il quitta pour l’extrême ouest du monde islamique. Sa renommée ultérieure à Cordoue repose sur cette formation et sur le mécène qui l’accueillit.
La route de Cordoue
Ziryab fut invité en al-Andalus vers 822 par l’émir al-Hakam Ier, mais l’émir mourut avant son arrivée. Son fils, Abd al-Rahman II, renouvela l’invitation, et Ziryab devint musicien de cour à Cordoue. Wikipédia qualifie Abd al-Rahman II, qui régna de 822 à 852, de mécène des arts bien connu, et précise que Ziryab figurait parmi ceux qu’il soutenait. Le souverain agrandit également la Grande Mosquée de Cordoue, qui subsiste encore aujourd’hui.
La cinquième corde et l’école
Deux accomplissements sont associés à Ziryab plus que tous les autres. On dit qu’il ajouta une cinquième paire de cordes au oud et utilisa un plectre en plume d’aigle. Wikipédia présente cela comme une tradition et non comme un fait solidement documenté, et l’article sur le oud note qu’un autre auteur mentionne lui aussi une cinquième corde. Le second est affirmé avec plus de certitude : il fonda l’une des premières écoles de musique de Cordoue, accueillant des élèves hommes et femmes. Le site du café cite les deux lorsqu’il explique son nom.
Repas, mode et bains
Les récits sur Ziryab dépassent largement la musique. Wikipédia rapporte que les repas étaient servis en trois services — soupe, plat principal et dessert — sur des nappes en cuir, et qu’on lui attribue le bain matin et soir ainsi qu’un déodorant. La mode selon les saisons et les moments de la journée est une autre affirmation, bien que l’historien Henri Terrasse soutienne qu’aucun homme seul n’aurait pu changer à lui seul la tenue d’une cour. Le chroniqueur al-Maqqari décrit ses cheveux courts et sa frange, et on dit qu’il popularisa le rasage chez les hommes. Le récit selon lequel il aurait ouvert des salons de beauté ne repose sur aucune source ancienne.
Pourquoi la musique compte
La musique classique andalouse est née en al-Andalus, la péninsule Ibérique sous domination musulmane, puis s’est diffusée à travers l’Afrique du Nord, selon Wikipédia. L’article rapporte une tradition selon laquelle elle aurait commencé à Cordoue au IXe siècle, sous ses émirs, et que certains attribuent son origine à Ziryab. Sa forme de suite, la nawba, survit au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Jusqu’où cette tradition a influencé le flamenco reste débattu, mais elle explique pourquoi une salle madrilène consacrée au flamenco lui rendrait hommage.
D’un merle au nom d’un café
Le café indique que ce nom honore un musicien, poète et innovateur né à Bagdad qui s’installa à Cordoue, et il lie ce choix à la créativité, à l’innovation et à la rencontre des cultures. Une salle qui mêle flamenco traditionnel et nouveau sur une même petite scène correspond à cette description. Lorsque vous vous asseyez pour le spectacle, vous êtes dans un café madrilène nommé d’après un musicien du IXe siècle, et non dans une réplique de sa cour.
À qui ce n’est pas destiné
Ce guide est un contexte, pas un guide de billets. Si vous voulez seulement savoir ce que comprend le billet, consultez plutôt le guide des billets. Et si vous voulez une réponse ferme sur la question de savoir si Ziryab a façonné le flamenco, aucune source ici ne peut vous la donner : les historiens traitent une grande partie de sa légende avec prudence. Lisez-le comme un symbole de la manière dont la musique a traversé la Méditerranée et s’est installée en Espagne.
Lire la suite : Billets pour le Café Ziryab et ce qu'ils comprennent
Questions fréquentes
Que signifie Ziryab ?
Merle. Wikipédia indique qu'il s'agit d'un mot persan et kurde, et le chroniqueur Ibn Hayyan l'associait au teint foncé, à la voix claire et au caractère agréable du musicien.
Ziryab a-t-il inventé le flamenco ?
Non. Les origines du flamenco sont débattues, et aucune source ne lui en attribue la paternité. Il est lié à la musique classique andalouse et à la cour de Cordoue.
A-t-il vraiment ajouté une cinquième corde au oud ?
La tradition le dit. Wikipédia rapporte qu'il aurait ajouté une cinquième paire de cordes, et présente cela comme une attribution traditionnelle.
Sources